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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 01:35

libertéNous sommes prisonniers de ce mot, liberté, ce mot qui nous enferme dans un idéal inaccessible. Etre soumis à aucune contrainte n’entraverait-il pas l’effort, les concessions, l’indulgence, la tolérance, le respect ? La liberté est une notion liée à l’individu, mais de quoi sommes-nous libres ? Si vous vous dites que vous êtes libres l’êtes vous vraiment ? Etre vraiment libre c’est refuser les règles, les principes, les lois, le pouvoir, la domination, être totalement libre c’est faire ses propres règles, avoir ses propres principes, posséder, maîtriser…alors n’est-ce pas condamner la société, l’existence d’autrui, la vie en communauté en favorisant sa propre liberté? Les individus peuvent-ils être égaux dans un système sans foi ni lois ?

La liberté d’expression, de penser, d’agir, de circuler, de croyance, sexuelle, d’esprit, de parole…autant de libertés que nous voulons nous octroyer parce que nous pensons qu’à travers nos choix, nos prises de positions, nos orientations, nos décisions qui nous sont propres nous nous sentons libres. Derrière chacune de nos libertés nous nous emprisonnons dans cette sensation de pouvoir, le pouvoir d’être libre, de vivre comme bon nous semble au dessus de tous, toutes contraintes, au-delà des frontières, des barrières que la vie, la société, notre éducation nous imposent. Finalement, nous sommes prisonniers du système qui nous dicte des principes, prisonniers de nos sentiments, prisonniers du monde que nous fabriquons, prisonniers de l’environnement, du pays où nous sommes nés. Ou se situe la liberté ? Dans l’interprétation ou l'idée que nous nous en faisons, pour certains ce sera de s’évader d’une vie répressive, pour d’autres ce sera d'être autonome, ou encore de s’autoriser une vie permissive…autant d’interprétations que de situations qui nous empêchent de nous sentir libres. Et pour vous que signifie être libre ?

Derrière chaque liberté se trouve une contrepartie que nous devons accepter, qu’elle soit financière, sentimentale, morale, étatique, temporelle, vitale…Etre libre aurait donc un prix ? Oui, mais tant que le prix à payer nous rend cette liberté de vivre libre, alors aussi fort qu’il soit nous le supporterons. Même au détriment de notre vie, cette liberté de vivre libre, d’exister en tant qu’individu sera notre seul combat. Est-ce là la plus grande des libertés, celle de vivre libre sans tyrannie, totalitarisme ou despotisme, sans l'emprise de quelqu'un, quelque chose ? Faut-il mieux être libéré ou libérateur ? Ainsi la plus belle des libertés est de pouvoir aider, favoriser la liberté d’autrui, la liberté collective, en instaurant le respect, la paix, la tolérance, comme ont pu le faire Nelson Mandela, Martin Luther King, le Dalaï-Lama et tant d’autres, en instaurant des lois et des droits comme l’ont fait certains pays.

« La liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres », voilà où nous mène une liberté sans contrainte. Comme dans tout, sans équilibre et sans justice un système ne peut fonctionner. La liberté individuelle n’a de sens que si elle est collective, partagée, tolérée et équitable, il faut que cette liberté soit rationnelle, car une liberté sans limite porte atteinte aux libertés individuelles et donc collectives.

Liberté, droits et limites sont indissociables pour que liberté rime avec égalité et fraternité.

Nous sommes libres sous certaines contraintes nécessaires et légitimes, respecter autrui, la loi, les droits. Donc nous ne sommes pas libres, mais qu’importe, l’important n’est-ce pas de se sentir libre et d’avoir le sentiment que nous le sommes.

 

« Nous sommes esclaves des lois pour pouvoir être libres » Cicéron

 

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789


Article premier

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article IV

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Article V

La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

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commentaires

Josè Millet 23/12/2011 17:40

Nous ne sommes effectivement pas libres,mais je persiste à penser (C'est très utopique ,je sais)que des individus de bonne volonté n'ont pas besoin des carcans des lois pour vivre absolument libres
de leurs actes et de leurs idées sans nuire à leurs semblables .

chroniquelles 24/12/2011 01:19



Merci José pour votre commentaire.


Paradoxalement, selon Rousseau ce sont les lois qui rendent les hommes libres.


" On a beau vouloir confondre l'indépendance et la liberté, ces deux choses sont si différentes que même elles s'excluent
mutuellement. Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît aux autres, et cela ne s'appelle pas un Etat libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à n'être pas
soumis à celle d'autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d'autrui à la nôtre. Quiconque est maître ne peut être libre et régner c'est obéir. (…)


Je ne connais de volonté vraiment libre que celle à laquelle nul n'a droit d'opposer de résistance ; dans la liberté commune, nul n'a droit de faire ce que la liberté d'un autre lui interdit, et
la vraie liberté n'est jamais destructive d'elle-même. Ainsi, la liberté sans la justice est une véritable contradiction ; car comme qu'on s'y prenne, tout gène dans l'exécution d'une volonté
désordonnée.
Il n'y a donc point de liberté sans lois, ni où quelqu'un est au-dessus des lois : dans la nature même l'homme n'est libre qu'à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre
obéit mais il ne sert pas ; il a des chefs mais non pas des maîtres ; il obéit aux lois mais il n'obéit qu'aux lois et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes. "


Rousseau, Lettres écrites de la montagne



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